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© Laurent Paillier
 

danser la peinture
le douzième chapitre

jann Gallois,
Laurent Paillier,
Philippe Verrièle
(France)

jeudi 15 juin à 18:00
au lavoir

 

performance
durée : 50 minutes

entrée libre

 

++ Exposition ++

Chorégraphe Jann Gallois
Danseurs Jann Gallois, Rafael Smadja
Texte(s) Philippe Verrièle
Photos, lumières Laurent Paillier
Scénographie Laurent Paillier, Jann Gallois
Interprétation libre et dansée de l’œuvre de Pierre Molinier

coproduction CDC Uzès danse.

 

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L’an dernier, le photographe Laurent Paillier et le critique de danse Philippe Verrièle nous présentaient Danser la peinture (Nouvelles Éditions Scala). Dans ce livre alliant photographie et essai, ils creusent ensemble un trait d’union original entre danse et arts plastiques, qu’ils déploient en onze mouvements ou rencontres. Car leur concept de base se situe là : confronter un chorégraphe au travail d’un plasticien, et inviter le premier à concevoir une danse, une performance, en réponse au second. À Laurent Paillier ensuite de photographier chacune de ces confrontations et à Philippe Verrièle de les tisser par les mots pour, au final, esquisser « une contrehistoire dansée de l’art », pour reprendre le sous-titre de leur ouvrage.

Au départ, douze de ces portraits croisés étaient prévus. Le temps et des difficultés de planning en ont décidé autrement : ils sont onze à s’être retrouvés imprimés. Restait donc un dernier croisement, et comme un goût d’inachevé… Les voici dès lors de retour à Uzès, pour une ultime étape, le douzième chapitre. Ou quand la chorégraphe Jann Gallois plonge dans l’œuvre de Pierre Molinier, célèbre pour ses photomontages et autoportraits entre érotisme, fétichisme et transformation des corps. Avec la particularité ici qu’il ne s’agira pas uniquement de photographier et d’écrire, mais aussi de performer en public.

The basis of photographer Laurent Paillier and dance critic Philippe Verrièle’s book Danser la peinture (Nouvelles Éditions Scala) is to bring a choreographer face to face with a visual artist’s work and invite the performer to create a response – a dance, a performance – to that work of art. The book covered eleven of twelve encounters. Here, the missing chapter featuring choreographer Jann Gallois’ plunge into the work by Pierre Molinier, famous for his photomontages and self-portraits involving eroticism, fetishism and transformation is not just photographed and discussed, it is performed in public.

Entretien avec les artistes

Confier à un.e chorégraphe l'univers d'un.e plasticien.ne, et l'inviter à imaginer une danse/performance que vous photographieriez : l'idée de base de Danser la peinture, votre ouvrage réalisé conjointement avec Philippe Verrièle. D'où vous est venue cette idée ?
Cela vient à la fois d'une curiosité de ma part envers la pratique chorégraphique et d'une certaine frustration d'avoir si peu de contacts avec les chorégraphes dans mon travail de photographe pour la danse. Ce projet d’édition vient donc d'une envie de travailler plus directement, plus intimement, avec des chorégraphes et, parallèlement aussi, de voir comment associer deux de mes passions, la danse et les arts plastiques.

Il y a également Philippe Verrièle qui a accompagné toute cette aventure, avec son regard et son écriture.
J'ai rencontré Philippe Verrièle il y a plus de 20 ans, dans le cadre du magazine qu'il dirigeait, Saisons de la danse. Ensemble, nous avons notamment fait une expérience assez similaire au dispositif de Danser la peinture. C’était en 1999, pour une édition spéciale (intitulée La matière de la danseuse) dans laquelle Philippe avait demandé à Marine Castel, danseuse étoile au Ballet national de Nancy, de participer avec nous à donner, par la photo, une autre image de la danse classique. Nous avons réalisé avec elle une série de photos dans l'appartement-atelier de Jean-Paul Huftier, à qui nous avions demandé de peindre le corps de Marine Castel... L'idée n'était pas concrètement de lier danse et arts plastiques, mais cette expérience a été peut-être le ferment du projet Danser la peintre. Je n'ai pas fait consciemment ce lien quand je me suis attelé à monter ce projet d'édition mais, si je réfléchis à ses origines, cette première expérience n'en est pas étrangère, en termes de processus de travail tout particulièrement... Mais il a fallu du temps pour que l'idée murisse, et qu'une série de conditions se réunisse. Une confiance personnelle, tout d'abord, pour oser porter un tel projet. Trouver un éditeur, bien sûr. Convaincre Philippe Verrièle aussi, parce que je voulais absolument faire ce projet avec lui. Le festival Uzès danse a joué un rôle essentiel à ce niveau-là : j’avais peu l’occasion de le voir à l'époque, mais nous nous y croisions chaque année ; plusieurs discussions décisives ont eu lieu entre nous à cette occasion.

Et cette idée de passer du livre au live, comment est-elle arrivée ?
Elle est venue de façon assez évidente en faisant les photos de la série. Dans le studio, nous avons vécu des instants très forts ; je trouvais dommage de ne pas les partager en direct avec des publics. Mais encore fallait-il imaginer la forme qui permette la rencontre entre ces différents éléments que sont la performance, les photos et le texte. Car il n'était pas question de les séparer… Il fallait trouver le bon contexte aussi, parce que nous n’avons pas l'idée de relancer une nouvelle série. Au contraire. L’envie ici est plutôt de boucler une histoire. Car, à l'origine, nous voulions faire douze chapitres. Mais, pour des raisons pratiques – et de planning d'édition aussi, nous n’en avons réalisé que onze. (…) Et que cette « fin » du livre se fasse au festival Uzès danse est symboliquement plutôt beau, je trouve.
 

 

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