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© Srdan Mihic
 

sans
martine pisani
la compagnie du solitaire (france)

jeudi 15 juin à 19:30
à l'église saint-étienne

durée : 55 minutes

tarif unique à 10€

 

++ bord de plateau ++

Chorégraphie Martine Pisani
Interprètes Theo Kooijman, Laurent Pichaud, Christophe Ives (en remplacement d'Olivier Schram)
Costumes La compagnie du solitaire
Régie Ludovic Rivière

Production La compagnie du solitaire.
Coproduction fabrik Potsdam, Le Vivat Armentières Avec le soutien du ministère de la Culture et de la Communication – Drac Île-de-France et de l’ADAMI.
Avec l’aide du Centre National de la Danse pour le prêt de studio.

Spectacle créé en avril 2000 à la fabrik Potsdam (Allemagne).

 

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Depuis ses débuts dans les années 1990, Martine Pisani aime déjouer le spectaculaire, tout en interrogeant la liberté et la pertinence du mouvement. Entre être et jouer, entre spontanéité et écriture, elle cherche à brouiller les frontières, à trouver la bonne distance. Sa pièce sans n’échappe pas à cette griffe résolument joueuse.

Soit trois hommes, sur un plateau nu. Pas de scénographie donc, même si l’église Saint-Étienne où se tiendra la représentation offrira un cadre et une acoustique singuliers à ce trio sans partition musicale. Une pièce sans narration tangible non plus, même si les trois hommes se révèleront par moment plutôt loquaces. Et sans souci de transition, ils s’amuseront allègrement avec les ruptures et la pratique du coq à l’âne, pour mieux nous servir une danse aussi décomplexée qu’enjouée.

Créé il y a 17 ans, ce trio orchestré par Martine Pisani n’en finit pas de tourner depuis. Une gageure, presque. Son goût pour l’absurde et pour l’auto-dérision, sa simplicité apparente et l’espièglerie qui se dégage de ses interprètes en font un objet à la fois insaisissable, irrésistible et sans… péremption !

Martine Pisani side-steps spectacular effects in search of both spontaneity and construction. Her resolutely playful signature pervades sans featuring three men on a bare stage, no scenography other than the setting and acoustics of the church of Saint-Etienne. No tangible narration, though the three can be very talkative and excel in sudden shifts in a dance as uninhibited as it is full of life.

Entretien avec Martine Pisani

sans est une pièce créée en 2000, qui n'a eu de cesse de régulièrement tourner depuis. L'avez-vous changée, revue, voire réarticulée, depuis sa création ?
Non, elle n'a pas bougé. Je veux dire par là que la conduite de départ est strictement la même aujourd'hui. Par contre, le regard du spectateur a bougé depuis 17 ans. Dans le sens où une pièce sans musique, sans montée d'adrénaline, qui joue sur la rupture et le coq à l'âne dans sa construction, c'est monnaie courante aujourd'hui, beaucoup moins en 2000. (...) Pour les interprètes, la pièce a certainement bougé car ils n'ont plus le même âge et traversent les séquences avec tout ce temps partagé ensemble. Pour la représentation à Uzès, un des trois interprètes (Olivier Schram) ne sera pas là. J'ai failli ne pas accepter cette date mais Olivier a insisté pour qu'elle se fasse quand même. C'est Christophe Ives qui reprend sa partition. C'est une première fois et je suis curieuse de voir comment la pièce va se transformer par cette nouvelle présence (si cela la transforme effectivement). Pour la petite histoire, j'ai rencontré Christophe à l'issue d'une des premières représentations de sans en France...

Beaucoup de dérision dans cette pièce. Ou même, plus exactement, d'autodérision.
Je préfère le mot distance à auto-dérision. Être sur un plateau, ce n'est pas si « grave » ; c'est même une chance d'être sur un plateau ! C'est l'occasion d'apprendre à faire des choix, de gagner une certaine liberté.

La pièce s'intitule sans, mais elle n'est pas sans rien pour autant. Pour vous, elle serait « sans quoi » en fait ?
Sans illusionnisme, sans costume (même si ce n'est pas complètement vrai), sans musique, sans décor, sans ... prétentions, sans... autorité... et sans majuscule !

Tous ces « sans », c'est cette idée de liberté dont vous parliez ? Mais en même temps, il y a une partition claire, toute une série de contraintes pour les interprètes.
Oui, justement. J'ai l'impression que la liberté ne peut se jouer que s'il y a contraintes, qui nous donnent la liberté de faire un pas de côté. Dans mon passé d'ado, la liberté, je la gagnais quand je jouais avec les règles, quand j'enlevais mes sandales en cachette pour marcher avec des sabots... La liberté sans contraintes, je n'y crois pas vraiment.

 

 

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