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© Tommy Pascal
 

veine
david wampach
achles (france)

artiste associé

 

vendredi 16 juin à 19:30
au jardin médiéval

durée : 50 minutes

tarif unique à 10€
jauge limitée

Chorégraphie David Wampach
Danse Aina Alegre, Tamar Shelef
Costume Rachel Garcia
Scénographie Rachel Garcia, David Wampach
Musique Pierre Mourles
Régie Gaëtan Lebret
Conseil artistique Youness Anzane
Travail vocal Dalila Khatir
Remerciements Marie Orts,
Michèle Claude

Production déléguée Association Achles.
Coproduction Le Cratère – Scène nationale d’Alès, Festival Kyoto Experiment / Japon.
Avec le soutien du Centre de Création Chorégraphique Luxembourgois, ImPulsTanz Vienne, Ménagerie de Verre Paris, dans le cadre des studiolabs, Montévidéo - centre de créations contemporaines à Marseille, Parc de la Villette Paris.

L’Association Achles est subventionnée par la préfecture de région Occitanie - Drac, par la région Occitanie / Pyrénées Méditerranée au titre de l’aide à la compagnie conventionnée et la Ville de Montpellier.

Elle est régulièrement soutenue par réseau en scène Languedoc-Roussillon et l’Institut Français dans le cadre du dispositif d’aide à la mobilité.

 

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Originaire de la région des Pouilles en Italie, la tarenta est un rituel médiéval censé soigner les personnes (le plus souvent des femmes) atteintes de tarentulisme : une maladie supposée, que la tradition populaire attribuait à la morsure venimeuse d’une araignée, la tarentule, et dont la seule guérison possible passait par une danse effrénée, en public, sur la place du village ou devant le parvis d’une église.

Avec VEINE, David Wampach est allé creuser aux origines de cette tradition pour écrire sa propre vision d’un tel rituel aux accents cathartiques : une danse en deux temps, deux espaces et deux corps. Et s’il ne s’agit pas ici d’entrer littéralement dans un état de transe, il est clairement question de dépassement et de transformation de soi. Un rituel donc, à découvrir au plus près des chairs et des matières.

En écho au Moyen Âge dans lequel elle puise ses pulsations, VEINE circulera dans le Jardin médiéval d’Uzès, pour son rapport au temps et à l’Histoire, pour mieux voyager aussi, de l’intérieur vers l’extérieur, de la pierre à la terre…

With VEINE, David Wampach explores the origins of the tradition of the tarenta, a medieval ritual from the Pouilles region in Italy. He has choreographed his own version of the ritual: two spaces, two dancers, traveling from inside to out, from stone to earth… Here the dance does not seek to enter into a trance, it is more about surpassing and transforming oneself.

Entretien avec David Wampach

VEINE : d'où vient ce titre ?
Pour le choix d'un titre, j'aime beaucoup jouer avec la polysémie qu'il peut renfermer. Ici, il renvoie bien sûr à la veine en tant que vaisseau qui permet au sang de circuler vers le cœur. En même temps, il y a l'idée de chance ou de superstition que ce mot évoque : on dit bien « tu as de la veine ». Et aussi la question de l'inspiration artistique, la « veine poétique ». Toutes ces directions ont du sens par rapport à cette création, qui s’inspire de la tarenta, rituel censé guérir les personnes empoisonnées par la morsure d'une araignée, la tarentule. C’était une danse rapide qui permettait de ralentir l'effet du venin. Une sorte de danse d'exorcisme, qui se pratiquait dans la région agricole des Pouilles, dans le sud-est de l'Italie. Dans le livre La Terre du Remords (1966), l'ethnographe italien Ernesto de Martino cherche à déterminer la nature de cette maladie que l'on appelle « tarentulisme », et révèle qu'elle tient en fait davantage du mythe. On a d'ailleurs rapidement désigné comme tarentulées des femmes qui, en réalité, étaient dépressives ou rejetées par la communauté pour leur comportement marginal. Ce qui est intéressant, c'est que ces mêmes femmes exclues devenaient, à la Saint Paul, l'attraction du village : tout le village se rassemblait autour d'elles, pour les voir danser et soit disant guérir. C'est toute cette contradiction qui m'intéresse en particulier.

Davantage que l'idée de transe, vous voulez dire ?
Oui, il y a quelque chose de beaucoup plus social à mon sens. Ceci dit, c'est vrai que la question de la transe m'intéresse, d'une manière générale, pas uniquement pour ce projet-ci. Mais je préciserais ce que j'entends par transe car on la confond trop souvent avec un état d'ivresse et de perte de contrôle. À mon sens, ce n'est surtout pas cela. C'est même tout l'inverse : la transe est le moment où tous les sens sont avisés, où l'on est dans un état d'hyper-conscience, à la fois très connecté avec l'intérieur et avec l'extérieur, l'espace et ce qui s'y joue.

Intérieur/extérieur, précisément : une articulation de base dans le développement de VEINE.
Dans toute forme de rituel, il y a une préparation ; une idée de passage également. Je trouvais important de replacer ces notions, notamment en jouant sur deux espaces différents, l'un intérieur, l'autre extérieur. Il m'a semblé important également que le public ne soit pas assis dans un gradin mais au sol et au même niveau que les danseuses. Pour lui donner une dimension plus active, à la manière de la population qui, dans les Pouilles, est vraiment partie prenante du rituel de la tarenta. Le Jardin médiéval s’est présenté comme l’espace parfait et adéquat.

 

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